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Les militants socialistes se sont prononcés ce 9 juillet pour une primaire fermée à l’automne. Un revers pour Olivier Faure qui défendait une proposition alternative.

Quand la France regarde le football, le PS… compte des bulletins. Sur les coups de 22 heures, au moment même du coup d’envoi du quart de finale des Bleus contre le Maroc, les socialistes achevaient leur vote interne pour tenter de trancher (enfin) le nœud gordien du mode de désignation de leur candidat à la présidentielle. Après plusieurs heures de dépouillement puis de remontées – le scrutin était organisé en physique dans les sections – le verdict est tombé. 55,5 % des votants ont préféré une primaire fermée, principalement réservée aux adhérents du PS et de Place Publique, à un scrutin ouvert aux sympathisants.

Un résultat qui réjouit les opposants d’Olivier Faure, promoteurs de l’option victorieuse prévue pour se tenir en octobre. Dans la nuit, Boris Vallaud a salué un « choix très net » des militants. De son côté, invité ce vendredi matin de FranceInfo, Olivier Faure a pris acte de ce revers : « Il y a forcément des regrets de ma part. […] Je ne me satisfais pas de ce résultat. Pour autant, je le respecte. » Dont acte.

« L’enjeu est très mal compris »

À première vue, ce scrutin ressemble davantage à un énième exercice de tuyauterie interne d’un PS englué dans le marasme de ses divisions internes qu’à une discorde politique de nature à passionner les foules… voire les socialistes eux-mêmes. « Quand t’es devant le bulletin de vote, à part les initiés de Twitter, personne ne comprend rien », s’étranglait jeudi un élu socialiste en sortant de sa section. « Je crains un gros décalage entre la machinerie techno des primaires et les attentes des Français, abonde Ariel Weil, maire PS de Paris Centre. L’enjeu interne est très mal compris à l’extérieur et même chez les militants. » Ou comment un parti peine à parler y compris à lui-même…

Les défenseurs de l’une ou l’autre des primaires avaient tout de même tenté de défendre leurs positions respectives ces derniers jours. De son côté, Olivier Faure estimait qu’un corps électoral le plus large possible permettrait d’impulser une meilleure dynamique pour le vainqueur. « Le “game changer” c’est la participation la plus nombreuse possible à la désignation d’un candidat », confiait-il. À l’inverse, ses opposants craignaient, en cas de primaire trop ouverte, l’« ingérence » dans le scrutin de militants issus d’autres partis politiques « Il faut qu’il y ait un minimum de filtre, arguait l’eurodéputé François Kalfon. Désigner un candidat à la présidentielle, ce n’est pas comme choisir une pizza sur Uber Eats ! »

« L’ombre de Raphaël Glucksmann »

Un simple désaccord de périmètre ? Pas tout à fait. Car du corps électoral pourrait bien dépendre le profil du vainqueur. Les proches d’Olivier Faure accusent le camp adverse d’avoir voulu concocter, avec un vote réduit aux adhérents du PS et de Place Publique, un scrutin destiné à garantir une victoire de Raphaël Glucksmann. « C’est du sur-mesure », s’étrangle-t-on dans l’entourage du Premier secrétaire.
À l’inverse, les opposants du Premier secrétaire l’ont soupçonné de chercher à liquider la candidature de l’eurodéputé à travers un vote ouvert qui aurait pu attirer des militants d’autres formations penchant bien plus à gauche. « Je n’arrive pas à comprendre ce que fait Olivier Faure à part essayer d’empêcher Raphaël Glucksmann d’être candidat ! », piquait la sénatrice Laurence Rossignol dans Le Point début juin.

Les autres formations de gauche non-LFI, en particulier les Écologistes, regardaient également avec attention ce vote interne des socialistes, estimant que plus le périmètre de la primaire serait important, plus le vainqueur serait susceptible de se plier à l’(hypothétique) seconde primaire aux côtés de François Ruffin et Marine Tondelier ou, du moins, d’œuvrer à un plus large rassemblement. L’issue du vote des militants socialistes risque donc de ne pas les emballer. « Sans surprise, les adhérent.e.s du Parti socialiste ont hier soir décidé d’enterrer la primaire », a d’ores et déjà fustigé Marine Tondelier, la patronne des Écologistes auprès de la presse.